1847 est l'année du grand tournant de la vie de Liszt Il met fin à sa carrière de virtuose et se choisit un port d'attache Weimar.. où il restera pendant 13 ans Cette étape allemande sera essentielle dans sa carrière puisque c'est là qu'il va composer certaines de ses plus belles œuvres notamment ses nombreuses pièces pour orchestre, comme son premier concerto C'est là aussi, qu'il composera son chef-d'œuvre absolue .. sa fameuse et unique Sonate C'est véritablement le plus grand héritage que Liszt ait laissé pour le piano Si on ne pouvait garder qu'une œuvre de Liszt, finalement, ça sera sans doute celle-là Il trouve ce que tous les autres ont cherché .. c'est une espèce de synthèse dans ce monde de son art Il n'a que 40 ans quand il écrit ça Mais c'est déjà la synthèse aussi de tout ce qui l'a précédé en particulier de son modèle absolu, de son dieu .. Beethoven Une merveille de composition et de subtilité que l'on savoure notamment quand arrive le passage marqué Grandiose Au début de ce que je vais jouer on entend une sorte de .. grondement .. .. puis ça s'ouvre, peu à peu A partir d'ici, Liszt crie Qu'est-ce qu'est la vraie musique ? .. il hurle .. et à ce moment-là .. on imagine qu'il jubile ou alors qu'il est tellement en colère chacun peut connaître ce qu'il en est la raison Et d'un seul coup tout ça s'arrête.. .. pour quelques secondes Mais c'est un contraste qui finalement est très violent Quelqu'un vous donne tout et il vous retire tout .. et là, on s'interroge A nouveau, la violence .. ou la colère .. et ici.. .. interrogation.. qui devient tendresse .. espoir.. Et ça je trouve absolument extraordinaire parce qu'on est en suspens .. et il nous prends par la main .. nous rassure..et en même temps .. pas tout à fait On retrouve un peu l'aspect diabolique qu'on a souvent chez Liszt.. avec.. .. l'inquiétude, c'est dans la musique .. et là.. le ciel s'ouvre la musique apparaît avec lumière .. et tendresse Dans la sérénité de Weimar Liszt va pouvoir vivre aussi la seconde grande histoire d'amour de sa vie avec une princesse russo-polonaise cette fois Caroline de Sayn-Wittgenstein, qui vient s'installer avec lui ici dans cette maison de l'Altenbourg Voici le salon de musique de l'Altenbourg .. la pièce où Liszt et la Princesse Wittgenstein recevaient leurs amis, leurs invités Alors, aujourd'hui, on le voit avec ces chaises, c'est devenu une salle de concert Et derrière cette porte, la pièce juste à côté c'était le salon de réception de la Princesse Wittgenstein Finalement, on pourrait essayer de comparer la Comtesse d'Agoult et la Princesse Wittgenstein Ce sont des femmes très différentes même si elles ont en commun une grande intelligence La Comtesse d'Agoult était blonde, la Princesse Wittgenstein est brune On a souvent dit que la Princesse Wittgenstein était laide, n'était pas belle Et comme la Princesse Marie d'Agoult .. elle écrit Dans les deux cas, d'ailleurs, Liszt s'intéresse à des femmes qui abandonnent leur mari, leurs enfant, leur fortune et elles qui fuient avec lui, ce qui est, quand même l'archétype romantique assez étonnant Mais la Princesse Wittgenstein c'est bien pire Je crois qu'elle avait 30 000 serfs à son service, et un domaine inimaginable Elle avait Woronince, là-bas en Ukraine et elle lâche tout pour Liszt Aujourd'hui .. 30 000 serfs, est-ce qu'on les lâcherait pour un homme ? .. même 3 000 .. La Princesse Wittgenstein, cette femme intelligente, brillante, très religieuse a tout pour fasciner Liszt Elle a même tout, parce que c'est une princesse..