Juste après l'invention de la photographie des studios de portrait fleurissent dans le monde entier En Grande-Bretagne, naît le studio Richard Baird En Écosse, Hill and Adamson nous révèle des visages extraordinaires De l'autre côté de l'Atlantique, aux États-Unis | on découvre des portraits de Southworth and Hawes Tout le monde se souvient des photos d'Indiens dans les studios ambulants de Curtis ou de Reinhardt Partout le portrait s'impose comme la forme de photographie la plus populaire La France n'est pas en reste Elle a inventé la photographie et à Paris le studio Nadar connaît un franc succès Grâce à lui, le monde entier découvre les visages de Baudelaire, de Victor Hugo, Sarah Bernhardt, Dumas.. et tant d'autres Des studios comme Reutlinger et Disderi font de même Le studio Manuel Frères prend le relais et photographie les étoiles naissantes du cinéma et du music hall En 1935, alors que l'heure de gloire de tous ces grands studios est passé les premières images du studio Harcourt voient le jour Ces images dorment ici au Fort de Saint-Cyr Elles sont précieusement conservées aux archives photographiques Ici on les appelle 'le Fond Harcourt' Ces milliers de clichés constituent une partie de notre patrimoine photographique aux côtés de Nadar, Atget, Mieusement, Braun et tant d'autres Mais le Fond Harcourt a une singularité Le Fond Harcourt est un fond assez particulier plus de 300 000 personnes sont passés entre '34 et '89 .. date à laquelle s'arrête le Fond pour la Médiathèque d'Architecture et du Patrimoine Nous avons un nombre .. incalculable, entre guillemets, de documents Vous avez une idée du chiffre ? Entre 10 et 15 millions Cette histoire aux millions de documents et aux centaines de collaborateurs naît d'une banale rencontre onéreuse Jacques Lacroix, patron de presse des années '30 rencontre Cosette Harcourt | une française d'origine juive allemande au léger accent anglais Jacques Lacroix succombe aux charmes de cette retoucheuse du studio Manuel Frères On peut dire qu'il offre à Cosette un studio comme dans les années de fin du 19ème on pouvait offrir à des actrices un théâtre En pensant que finalement ce studio .. eh bien, ça va l'amuser Ça va la distraire Et il crée un autre studio à quelques mois près en 1933 Un studio qui s'appelle Pro Photo qui est tourné vers la publicité Très vite les frères Lacroix, Jacques et Jean font évoluer leur publication Des nombreuses revues professionnelles qu'ils éditent deviennent les revues grand public Leur magazine 'Guérir' est un grand succès au tirage important Ces pages font la part belle à leur production photographique Ce qui intéressait les frères Lacroix | c'était de nourrir leur publication de photographies Pour eux la photographie remplaçait l'illustration Donc, c'était une vision pratiquement mercantile de la photographie .. sa duplication Alors, que pour Cosette Harcourt, non, c'est une vision artistique de la photographie Elle était vraiment dans la vision de la photo d'art Ce qui n'était pas du tout la vision des éditeurs qu'étaient les Lacroix Et, à leur grand étonnement ce n'est pas le studio Pro Photo qui perce mais le studio Harcourt A l'origine ce sont plutôt des écrivains qui ont fait la notoriété du studio Mais cela tout au début, dans les années '30 où Cosette avait très bien compris que les personnalités seraient des images porteur et qu'elles montrent que courait fort haut l'image du studio Harcourt qui à l'époque lorsqu'il s'installe en 1933, n'est pas un studio très connu La photographie Harcourt n'est pas immuable Sur les premières commandes on est encore assez loin de ce que représente aujourd'hui une photo Harcourt On est encore dans le studio qui emprunte beaucoup au studio Manuel aux vues de l'atelier Nadar qui sont des vues assez simples Mais rapidement on sent un travail sur l'éclairage .. une nouvelle façon de modeler les visages .. grâce à la lumière Et ça, c'est l'apport du studio Harcourt